Johnny et moi

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Soyons claire : je n’étais pas fan de Johnny. Je n’avais rien contre lui non plus, hein, mais forcément, je le connaissais, comme tout le monde, et depuis ce matin j’ai quelque chose de Tennessee dans la tête.

Johnny, c’est Saint-Malo, un self-service, avoir dix ans et entendre « Que je t’aime », ne pas tout comprendre mais sentir s’éveiller l’adolescence.

C’est, un peu plus tard, chanter à tue-tête avec ma meilleure amie « Les portes du pénitencier » .

C’est avoir acheté un seul et unique album « J’ai oublié de vivre » avec une photo de lui debout je crois, est-ce que je l’ai toujours ?

C’est Sylvie et Johnny et leur duo pas rock’n’roll du tout.

C’est ses costumes à paillettes dans les shows de Maritie et Gilbert Carpentier.

C’est ne jamais l’avoir trouvé particulièrement beau, et m’être moquée de son visage déformé par la chirurgie esthétique.

C’est aller au tout premier concert des Enfoirés, le découvrir sur scène et comprendre ce soir là pourquoi il déchaînait les foules, présence animale.

C’est la collègue Madeleine – pas toute jeune – partant fièrement en leggings noirs moulants pour assister à un de ses concert qui sera finalement annulé à cause d’un orage. Elle aura le blues le lendemain matin, Madeleine.

C’est Nathalie Baye.

C’est la colère de Jean-Jacques Goldmann quand Johnny chante « Je t’attends » à un meeting de Jacques Chirac.

C’est ma mère qui trouvait qu’il en faisait trop quand il se roulait par terre en transpirant.

C’est ses malaises, son mal-être.

C’est Saint-Barth et le Fouquet’s.

C’est un peu ma vie, ta vie, quoi, Johnny.

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