L’accent

Petite variation humoristique sur le thème des « Dis moi dix mots » dont nous avons déjà parlé ici.

-« C’est quoi c’t’accent qu’t’as, mon gars
–  « Mais je n’ai pas d’accent, moi, monsieur. En revanche, vous, vous avez un sacré culot, et un sacré bagou on dirait.
–  « Le quoi ? »
–  « Le sorcier, quoi, t’entraves pas le français ou quoi ? C’est bien la peine de prendre des grands airs avec ta jactance de la haute ! »
–  « Ohé ! Je ne vous permets pas. »
–  « Tu m’permets pas d’quoi ? J’vais t’dire mon gars, si tu veux te faire accepter dans l’coin, va falloir que tu te décoinces un peu, parce que sinon les commères elles vont placoter sur toi à t’en faire siffler les esgourdes ! »
–  « C’est quoi, placoter ? »
– « Mais quel couillon celui-là ! C’est pas susurrer des mots doux en tout cas. D’ailleurs, si tu veux que les filles d’ici te regardent, vu qu’elles sont plutôt du genre truculentes, si tu vois ce que je veux dire, va falloir changer de frusques, de voix, de … »
– « De voix ? Mais qu’est-ce qu’elle a, ma voix ? »
–  « T’as une voix de gars de la haute, mon gars, et ça, ici, ça passera pas. Décoince toi, sois volubile, parle comme nous et tu seras le plus heureux des hommes ! Allez viens ma poule, tu me payes un canon, et en échange je vais t’apprendre comment qu’on cause ! »

 

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La sorcière

Voici ma participation à la Bataille des dix Mots 2018, vous pouvez voter pour mon texte « La sorcière » jusqu’au 25 mars au soir, il suffit de cliquer et d’aimer. Merci à vous ! La bataille des dix mots

La sorcière

La belle à l’accent chantant avait un sacré bagou. Elle prétendait avoir hérité ses talents d’oratrice et sa beauté d’une lointaine ancêtre, griotte en pays wolof. Comment savoir ? Avec une telle jactance on ne savait plus que croire, sans compter que vous ne pouviez passer plus de cinq minutes avec elle sans qu’elle soit interpellée ohé la belle ! Viens nous raconter une histoire ! On placotait beaucoup à son sujet, elle était admirée mais aussi jalousée, on disait qu’à la nuit tombée elle susurrait des mots doux aux hommes du village … Leurs femmes, matrones truculentes, prétendaient que, telle une sirène, elle les envoûtait avec sa voix sensuelle et ses longs cheveux tressés qui lui descendaient jusqu’aux reins. Volubiles, elles la firent passer pour une sorcière et elle fut chassée du village. On dit qu’elle revient hanter les nuits des furies et celles de leur mari les nuits de pleine lune.