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20 janvier 2009

Je suis en thalasso et je regarde l’investiture de Barack Obama de ma chambre d’hôtel. Je viens de quitter mon travail, une longue carrière dans un secteur qui ne me convient plus, ou plutôt l’aspiration à passer à tout autre chose, travailler au contact des livres à défaut d’en écrire, même si j’ai décidé de me remettre à l’écriture.

Après ces quelques jours, ce sas d’entre-deux vies, je sais qu’un concours m’attend, je ne sais pas encore qu’il y en aura deux. Je ne mesure pas encore la folie de me lancer dans ce projet seule, sans autre accompagnement que le Vuibert que j’ouvrirai pour la première fois dans le train du retour et qui deviendra mon meilleur ami.

Je ne me souviens plus de ce que j’ai lu pendant cette semaine. Je me souviens de m’être gorgée d’iode malgré un rhume tenace, d’être allée une fois ou deux au cinéma le soir dans l’obscurité de janvier, d’avoir couru sur la plage, nagé dans la piscine d’eau de mer chauffée, pris mes petits-déjeuners dans la chambre avec vue sur mer (ou était-ce sur les Salines ?) et mes déjeuners et dîners seule dans la grande salle de restaurant en compagnie de mon portable et de mon livre. Comme un sportif avant une compétition.

Et d’avoir regardé Obama, refusant de céder à l’idolâtrie un peu naïve de l’époque mais bluffée malgré tout par l’homme, le symbole, le charisme. Yes, we can.

16 janvier 2017

Obama a fait son discours d’adieu, que je n’ai pas regardé, juste quelques images glanées çà et là, son émotion, celle de son épouse. Et un discours de Meryl Streep aux Golden Globes.

J’ai relevé le défi, cela m’a pris presque deux ans, mais j’ai changé de métier et suis devenue bibliothécaire. Les livres m’entourent et me protègent.

J’ai repris l’écriture, d’abord en atelier, ma bouffée d’oxygène dans ces longues semaines d’études et de recherches d’emploi solitaires. J’ai fait de belles rencontres, repris confiance en ma plume, créé un blog, participé à des concours de nouvelles, envoyé des contributions qui ont été publiées. Je me suis prise de passion pour le haïku.

Mon univers s’est élargi. J’ai changé, le monde a changé, j’ai perdu des amis, ma mère n’est plus là, mon fils est devenu un adulte.

Je voudrais publier un recueil de haïkus. Yes, I can.

Je ne regarderai pas l’investiture du triste successeur d’Obama.

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