Mots-clefs

, , ,

C’est en 1999, ou en 2000, je suis en vacances au Maroc, Club Med d’Agadir, c’est mon premier Club Med, j’ai gagné ce voyage et je savoure le soleil marocain de cette fin d’octobre, oubliant les a priori sur ce type de vacances malgré les blondasses accompagnatrices de riches médecins et qui-ne-donnent-pas-aux-enfants-mendiant-ça-leur-rend-pas-service que tu éviteras comme la peste pendant toute la semaine.

Parce qu’il y a aussi et surtout les animateurs marocains qui te font découvrir un pays contrasté et magnifique. Ce jeune couple allemand en voyage de noce. Le thé à la menthe. Les montagnes de l’Atlas. Essaouira la superbe et ses remparts semblables à ceux de Saint-Malo que tu aimes tant. Ces types qui sautent d’un plongeoir improvisé dans un trou de deux mètres carrés en contrebas et que tu ne veux pas regarder. Ces gosses qui veulent des crayons des pièces des briquets auxquels tu finiras par laisser ton porte-monnaie vide parce qu’ils le trouvent joli.

Puis cette journée où est organisé un méchoui et où Angie l’américaine met le feu en chantant boule d’énergie de gaieté la viande fondante les cuistots marocains qui rigolent Angie qui lance un karaoké improvisé sans écran demande qui veut chanter qui connait pour un flirt et toi la timide qui te lance au micro, grisée par le rosé le soleil l’ambiance et le fait que personne ne te connait, et les paroles qui te reviennent et les gens qui tapent dans leurs mains et reprennent lalalalalala lalalala lalalalala lalalala lalalala lalalala avec toi. Certains viendront même te féliciter le soir.

Michel Delpech, dont tu n’as aucun disque, est gravé dans le disque dur de ta mémoire, et ce jour-là, dans la campagne d’Agadir, il t’a accompagnée.

Publicités