La revue Pantouns m’a fait l’honneur de m’inviter à contribuer à ses publications, le défi a été relevé et mes deux premières contributions ont été publiées dans le numéro spécial Pantouns du monde en janvier 2014.
Pantoun mélancolique
Sur l’autre rive un bateau rouge
Quitte le port encore désert
Mon cœur avide à peine bouge
Dans mon corps arrimé à terre
Pantoun d’amour
Au parc endormi l’arbre bouge
Ses feuilles bruissent doucement
A minuit dans la chambre rouge
S’effeuille un couple tendrement
Et pour vous donner une définition du pantoun (que vous retrouverez en première page de la revue) et vous inviter à en écrire aussi :
« Le pantoun est un genre poétique malais remarquable, et dont le nom
commence à être reconnu des francophones, même s’il n’a pas encore chez
nous la célébrité de son cousin japonais, le haïku. Nos poètes ont écrit des
milliers de haïkus français, et il s’en échange des milliers sur nos sites
poétiques. Mais ce n’est pas, hélas, le cas du pantoun, pratiquement absent de
nos blogs, sites et traditions poétiques…
Dans le but de faire (re)découvrir cette forme noble et, à terme, d’en
tirer un recueil qui lui serait entièrement dédié, nous vous proposons de
contribuer à notre revue bimestrielle Pantouns en nous soumettant vos
créations «pantouniques» !
Vos contributions sont à envoyer via notre page Facebook, notre compte
Twitter ou directement à l’adresse suivante :
lettresdemalaisie@gmail.co »
Ma prochaine contribution dans le numéro de mars.
Félicitations, chère Catimini ! Très belles envolées pantounesques ! (Un bémol cependant, la rime désert/ terre n’est pas acceptée en poésie classique, mais l’important est ailleurs, dans la grâce, l’émotion et la pudeur qui se dégagent de tes textes.) Belle et heureuse continuation à Toi !
Nuit du cœur (Pantoun ou Pantoum)
À ces genoux, vous couchez en épices,
Le ciel rougi, sous le vent, la vertu,
Où se balance aux errances complices
L’imaginaire à l’amour dévêtu.
Le ciel rougi, sous le vent, la vertu,
Parfums de voix sous la nuit sensuelle,
L’imaginaire à l’amour dévêtu
Déploie un corps au son d’une dentelle.
Parfums de voix sous la nuit sensuelle,
Le cœur se masque avec les maux de vers ;
Déploie un corps au son d’une dentelle,
La symphonie au puits d’un regard pers.
Le cœur se masque avec les maux de vers,
Un tourbillon où se caresse un ange,
La symphonie au puits d’un regard pers
Comme un baiser au bord d’une phalange.
Un tourbillon où se caresse un ange,
Votre phantasme à l’envol velouteux
Comme un baiser au bord d’une phalange
Ô papillon en écume à vos cieux !
Votre phantasme à l’envol velouteux
Porte un désir au son de vos seins lisses ;
Ô papillon en écume à vos cieux !
À ces genoux, vous couchez en épices.
© Stéphane, le 23 janvier 2005
Voilà des pantouns pleins d’émotions, bien dans le style de Catimin.