Le mardi c’est ton jour de reprise, les autres sont déjà résignés à voir défiler leur semaine, toi, hébétée, tu te réacclimates à vitesse grand V avec ces mecs qui fument et crachent sur le quai – sur la voie pour les plus civilisés, légère nausée, le panneau lumineux clignote, train à l’approche, tant mieux, tu as froid. Tu montes dans un ancien wagon de première, celui aux sièges plus larges avec accoudoirs, fauteuils au tissu rouge remplacés par le gris des secondes au fur et à mesure des lacérations. Un journal gratuit est resté là avec par terre un gobelet de café vide. La nausée, encore. Derrière les vitres taguées tout est gris.

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