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Personne ne connaît son nom, on l’appelle le chinois triste. On ne l’a jamais vu sourire.

A toute heure du jour et de la nuit il sort de chez lui avec un vieux cartable en cuir ou  une petite charrette en osier,  et va se promener. Il sort le plus souvent à la tombée du jour.

Il est vieux, et toujours seul.

Il ne parle jamais à personne, sauf parfois aux enfants du quartier. Il vit seul, peut-être avec un chat. On l’imagine vivant avec un chat auquel il parlerait. Il habite dans la même résidence depuis vingt ans, peut-être plus. Il semble faire partie du paysage.  Il est toujours bien habillé, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Chaque année le voit se vouter un peu plus.

Quelquefois il part vers le centre ville, d’autres fois vers la gare. On ne sait pas s’il lui arrive de monter dans un train. Pour aller où ? Il semble porter toute la tristesse du monde sur ses épaules voutées. Il a l’air un peu fou, mais il ne fait pas peur. Souvent, à vingt-deux heures, il semble partir faire ses courses. Il tourne dans le quartier avec sa petite charrette vide. Puis rentre chez lui.

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