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La demeure est difficile à trouver, cachée au fond d’un parc immense. Elle est imposante, dominée par un sapin qui la dissimule à demi aux regards des curieux.

Il fait nuit. Seul un unique réverbère dressé devant elle comme un mât l’éclaire crûment, formant un contraste saisissant avec l’immense sapin qui la plonge à moitié dans l’obscurité.

Elle se reflète entièrement dans le bassin qui lui fait face, offrant de façon presque impudique le spectacle de son architecture inversée, telle une femme se contemplant dans son miroir avec complaisance.

Les persiennes du bas sont soigneusement fermées bien que vivement éclairées par le réverbère mais à première vue tout semble éteint et silencieux à l’intérieur. Du côté droit de la bâtisse c’est l’obscurité totale, les volets sont clos et on ne voit aucun éclairage, ni intérieur, ni extérieur.

Par contre, derrière le sapin noir, au dessus de la porte que l’on devine hermétiquement close, deux fenêtres à jalousies violemment éclairées brillent au milieu de cette obscurité et de ce secret.

Cette maison se cache et se donne à voir selon l’angle sous lequel on la regarde. Elle semble à la fois ouverte et fermée, vide et habitée, prude et impudique. C’est une maison en trompe l’œil, une garçonnière voulant se donner des airs de demeure.

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